Dessa : " Music is my muse"
"Music is a part of my life" affirms the artist Deborah Pétroz-Abeles,
better known as Dessa. Passionate about music and dance, she has chosen, nevertheless,
painting. Without abandoning music which has become her primary source of
inspiration. From Gustav Mahler's Song of the Earth to René Oberson's Porte
Mystique, Dessa has been transcribing auditory emotion in her paintings since
1991, using intense colours and numerous contrasts of light.
- How do you explain this need to paint in music?
I grew up with music in Zimbabwe where I studied piano and ballet from the
age of seven. Then I went to live in Israel where I studied Occupational Therapy.
However, it was in Switzerland, in 1983, that I discovered painting at the
School of Visual Arts in Lausanne. Through music, which has always been a
part of my life, I am able to paint the emotions it provides. My art is a
synthesis between sound and vision.
- Are you sensitive to several styles of music?
I work essentially with classical music. I have worked with Bartok's Concerto
for Orchestra, Mahler's Song of the Earth and Bernstein's Age of Anxiety.
I would have more difficulty painting with Baroque music or Bach as, for me,
there is not enough emotion in this music and I would paint only lines. I
need a lot of lyric impetus to make the painting alive. The music speaks to
me, it says it all, straight from the composer's heart.
- Why are certain colours, like blue and red, always part of your paintings?
Blue-green corresponds to a feeling of peace. The blue could be a reference
to the sea, to the spiritual. I am a fan of Hawaii, its culture and the green
of its natural beauty, a sort of interior haven of peace. Whereas red is life,
power, will. I am a colourist as you realise. The sable colour that one often
finds could be linked to the ten years I spent in Israel.
- Of Jewish origin, you speak of not forgetting. How does this manifest
itself?
It was impossible not to be moved by Viktor Ullmann's Symphony based on Piano
Sonata No 7, composed in 1944 in the concentration camp Theresienstadt (Terezin).
My work, directly inspired by this symphony, is a tribute to my grand parents
who perished in Auschwitz. This series of 41 paintings, in memory of the martyrs
of the Holocaust, has been exhibited in Switzerland and Germany. These paintings
come from the depths of my soul, from the heart rather than brain and thought
process.
- How, exactly, do you work?
If I like a composition and it evokes much emotion, I listen several times
until I am totally imbued and then I begin to paint. Most people would go
mad listening to the same piece more than a hundred times. My first project,
thirty three paintings from Mahler's Song of the Earth, took ten months to
make. These were shown at Gallery West in Berne, Before I begin a project,
I read about the composer and what he wished to express in his music. However,
I refuse a mechanical relation to the music, of the sorts that "do" is red,
"re" is blue etc. The music is there as a support, and it presents so many
impressions. My proceeding has a clear purpose: my sensitivity to sound stimulates
my other senses. Music is abstract; therefore my art is abstract with occasional
figurations.
- How did one of your paintings become an Artvin wine label, a pinot noir
made by the Société Vinicole de Perroy?
A wonderful adventure. After reading an article about my work, René Oberson
sent me a tape of his composition "La Porte Mystique" for a joint project.
From this collaboration came a number of paintings that attracted the members
of the wine company. We decided to combine taste and fragrance (the wine)
with vision and sound (the painting) to create Artvin.
Marie-Laure Clos (Elle - October 2001) Exhibition in the wine cellar, Château
d'Allaman until 11 November 2001
La Musique et ma Muse
"La musique fait partie de ma vie", affirme la peintre vaudoise Déborah
Pétroz-Abeles, plus connue sous le nom de Dessa. Passionnée par la musique
et la danse, elle a pourtant choisi la peinture. Sans pour autant abandonner
la muslque qui est devenue sa source première d'insplratlon. Du Chant de la
Terre de Gustav Mahler à la Porte Mystique de René Oberson, Dessa, retranscrit
depuis 1991 ses émotlons olfactives sur ges toiles à travers l'Intensité des
couleurs et les nombreux contrastes de Iumière.
- Comment expliquez-vous ce besoin de ‚ pelndre en musique?
J'ai grandi au Zimbabwe où la musique a baigné toute mon adolescence. De sept
à dix sept ans, j'ai suivi des cours de ballet et de piano. Ensuite, je suis
partie vivre en Israël où j'ai etudié l'ergotherapie. Mais c'est en Suisse,
en 1983, que je découvre la peinture à l'Ecole d'arts visuels de Lausanne.
La musique a toujours fait partie de ma vie, elle me procure des émotions
que j'ai choisi de peindre. Ma peinture est une synthèse entre son et vision.
- Etes-vous sensible à plusieurs styles de musiques?
Je travaille essentiellement avec de la musique classique. J'ai peint sur
Concerto pour Orchestre de Bartok, sur Chant de la terre de Mahler ou encore
Age of Anxiety de Bernstein. Par exemple, j'aurais beaucoup de difficuIté
à peindre sur de la musique baroque ou du Bach car cela manque pour moi d'émotivité.
Je ne pourrai retranscrire que des Iignes. J'ai besoin de grandes envolées
lyriques pour que mon tableau soit vivant. La musique me parle, elle dit tout
car elle vient directement des entrailles du compositeur.
-Pourquoi certaines couleurs, comme le bleu et le rouge, sont-elles toujours
présentes dans vos tableaux?
Le bleu-vert correspond à la paix. Le bleu fait référence à Ia mer, au spirituel,
je suis une fan d'Hawaï et de sa culture et du Vert de la nature, sorte de
paix intérieure, Quant au rouge, c'est la vie. la force, la volonté. Je suis
très coloriste comme vous avez pu le constater. La couleur sable que I on
retrouve souvent s'explique par mes dix années passées en Israël.
- D'origine juive, vous prônez le droit au nonoubli. Comment se manifeste-t-il?
Il m' était quasiment impossible de ne pas être émue par la Symphonie basée
sur Ia Sonate no 7 pour piano de Viktor Ullmann, musique composée en 1944
dans le camp de concentration de Theresienstadt. A travers mon ouvre directement
inspirée de cette symphonie, je souhaitais rendre hommage à mes grand-parents
morts à Auschwitz. Une série de quarante et un tableaux peints a Ia mémoire
des martyrs de l'Holocauste a été exposée en Suisse et en Allemagne. Ces peintures
surgissent de la profondeur de mon âme, de mon coeur et de mes entrailles
plutôt que de mon cerveau et de ma pensée.
- Justemont, comment travaillez-vous?
Si une musique me plaît et me fair vivre des émotions, je l'écoute plusieurs
fois en boucle avant de me mettre au travail et ensuite pendant que je peins,
afin de m' en imprégner totalement. Les gens en général deviennent fous d'écouter
plus de cent fois le même morceau. Moi, çà ne me gêne pas. Ainsi Chant de
la Terre de Mahler, ma premiere oeuvre, a donne naissance a une serie de trente-trois
tableaux durant une periode de dix mois. Ces oeuvres ont ete exposes en 1991
la Galerie West Berne. Avant de iancer un projet, je me documente sur le compositeur
et sur ce qu'il voulait exprimer dans sa musique. En revanche, je me refuse
a etablir une relation mecanique avec la musique de type, la note "do", c'
est rouge, "re", c'est bleu etc. La musique n 'est qu'un support, elle fait
naitre des impressions. Ma démarche est très ciblée: ma sensibilité à l'ouïe
éveille mes autres sens. La musique est abstraite, ma peinture est donc abstraite
avec quelques figurations occasionnelles.
- Comment une de vos peintures s'est-elIe retrouvée sur les étiquettes
de Artvin, un pinot noir crée par la Société Viticole de Perroy?
C'est une jolie aventure. Après lecture d'un article concernant mon travail,
la femme du musicien René Oberson m'a envoyé une cassette de son oeuvre "La
Porte Mystique" pour realiser un projet commun. De cette collaboration sont
nées de nombreuses toiles qui ont séduit les membres de la Société Vinicole
de Perroy. Nous avons donc décidé ensemble d'allier le goût et l'odorat (le
vin) a la vue et l'ouïe (la peinture) pour créer Artvin.
Marie-Laure Clos (Elle - October 2001
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